Série

Entre Autres

Un espace où les formes cherchent leur place.

Après les Self-portraits, le dessin s’ouvre.
Le visage disparaît, les repères se déplacent.

Des fragments de corps apparaissent, se déforment, se mêlent à d’autres formes. Entre abstraction et figuration, le dessin devient un territoire instable où les identités visuelles glissent et se recomposent.

La série

Dans Entre autres, les formes ne cherchent plus à se stabiliser. Elles apparaissent par fragments, se déplacent, se transforment au fil du trait. Un œil peut devenir bouche, une paupière glisser vers une lèvre, une forme charnelle se prolonger en excroissance végétale ou minérale. Rien n’est fixé : chaque dessin laisse les images dériver d’un état à l’autre.

Les corps qui émergent ne sont jamais complets. Ils apparaissent par zones, par passages, comme s’ils traversaient la surface du papier avant de se dissoudre à nouveau. Les frontières entre les choses se déplacent : organique et minéral, chair et paysage, abstraction et figure se mêlent dans un même mouvement.

Cette série explore une zone d’ambiguïté où les formes restent ouvertes. Elles n’imposent pas de lecture, mais sollicitent l’imaginaire du regardeur. Ce que l’on croit reconnaître se transforme aussitôt, obligeant le regard à circuler, à inventer d’autres interprétations.

Entre autres marque ainsi un moment d’élargissement dans le travail : le dessin devient un espace où différentes figures du vivant peuvent coexister, se rencontrer et se transformer. Les images n’y affirment rien de définitif. Elles restent en mouvement, comme si chaque dessin était le fragment d’un corps plus vaste, encore en train de se chercher.

Notes de pratique

Un soir d’août 2019, j’ai commencé un dessin sans idée précise : un œil posé au stylo-bille sur une feuille rose récupérée par hasard. Le trait a dévié, l’œil s’est fendu, et en suivant ce fil une paupière s’est changée en bouche et impossible de revenir en arrière.

En tournant la feuille pour comprendre, le fragment respirait déjà autrement, moitié chair moitié brindille. C’est à ce moment-là que j’ai compris que la série naîtrait de ces glissements que je ne contrôlerais pas : il suffisait de tenir la ligne et de la laisser décider du corps à venir.