Série
Entre Autres
Avec cette série, le dessin devient un espace où les corps, le désir et les identités peuvent quitter les formes qu’on leur assigne.
Je ne cherche pas à représenter un sujet à partir d’images déjà là.
Le dessin les défait pour laisser apparaître des formes plus instables, plus hybrides, plus libres.
La série
Avec Entre autres, j’ouvre le dessin à d’autres formes du corps, du désir et de l’identité.
Le corps, la sexualité, le genre et le désir y sont présents, mais sans reprendre leurs images habituelles.
Le dessin ne vient pas confirmer cette intention.
Il la trouble, la déplace, la rend poreuse.
Des fragments apparaissent, se mêlent, se transforment.
Ce que l’on croit reconnaître change aussitôt de place.
Dans cette série, les formes ne servent pas à confirmer une identité.
Elles la déplacent, la brouillent, la rendent instable.
Le corps n’y est jamais fermé ni assuré.
Il devient passage, mélange, métamorphose.
Le regard ne peut plus s’appuyer sur des catégories toutes faites.
Il doit accepter l’ambiguïté, suivre les glissements, laisser coexister plusieurs lectures.
Avec Entre autres, je cherche moins à définir un sujet qu’à expérimenter une liberté d’être : une manière d’exister hors des formes assignées, là où le dessin laisse apparaître des présences encore en train de se chercher.
Notes de pratique
Un soir d’août 2019, j’ai commencé un dessin sans idée précise : un œil posé au stylo-bille sur une feuille rose récupérée par hasard. Le trait a dévié, l’œil s’est fendu, et en suivant ce fil une paupière s’est changée en bouche et impossible de revenir en arrière.
En tournant la feuille pour comprendre, le fragment respirait déjà autrement, moitié chair moitié brindille. C’est à ce moment-là que j’ai compris que la série naîtrait de ces glissements que je ne contrôlerais pas : il suffisait de tenir la ligne et de la laisser décider du corps à venir.