Série
Paysages & poésies graphiques
Des territoires où le trait respire.
Avec Paysages et poésies graphiques apparaît la première série du travail.
À partir de 2014, quelque chose se stabilise : le dessin cesse d’être seulement un espace d’expérimentation et devient un territoire où un langage commence à se former.
Ni paysages à reconnaître, ni poèmes à lire. Ces dessins ouvrent des surfaces où souffle, rythme et trace se rencontrent.
Ils ne décrivent pas un lieu. Ils installent un état.
La série
Dans cette série, le stylo-bille devient central. Son flux continu engage le dessin dans une temporalité irréversible : chaque ligne entraîne la suivante et la surface se construit progressivement par accumulations, tensions et reprises.
Le geste ne cherche pas à produire une image. Il avance dans l’écoute du papier, du rythme du trait et des variations de pression. Les lignes s’accumulent, se reprennent, se déplacent. Peu à peu, la surface se transforme.
Un déplacement décisif se produit alors dans mon regard. Plutôt que de rester fixé sur le dessin lui-même, il se porte à côté : vers les dépôts d’encre, les taches, les coulures, toutes ces traces apparues sans intention.
Ce que je croyais secondaire devient central.
Ce qui échappe au contrôle devient le cœur du travail.
À partir de là, le dessin change de régime. Les accidents deviennent des points d’appui, les débordements des directions possibles. Traits brisés, lignes continues, répétitions ou zones saturées organisent progressivement la surface en territoires d’intensité.
Chaque feuille devient ainsi un espace où le regard circule, dérive et s’arrête. Le dessin ne cherche plus à fixer une image mais à maintenir un état de présence dans lequel geste, matière et rythme continuent de se transformer.
Avec Paysages et poésies graphiques, le dessin cesse d’être seulement un lieu d’expérimentation.
Il devient un territoire où quelque chose peut apparaître.
Le dessin n’est plus une image.
Il devient un événement.
Notes de pratique
« À ce moment-là, je revenais au dessin sans chercher à produire quelque chose.
Je m’installais face à la feuille, au même outil, jour après jour.
Le geste comptait plus que le résultat.
Tracer, reprendre, insister, laisser venir.
Dessiner me donnait un rythme.
Un espace où rester, sans avoir à décider.
Le dessin avançait à sa manière.
Je suivais. »